FAITES VOUS-MEME VOTRE MALHEUR de PAUL WATZLAWICK
- mademoisellesennuie
- 30 juin 2023
- 4 min de lecture
Et si l'humour nous aidait à nous réconcilier avec nos névroses les plus banales ?

Pourquoi ce livre :
Pour son titre un peu railleur, parce qu'il est catégorisée dans la série 'HUMOUR', parce que l'auteur est une des figures principales de l'école de psychologie critique de Palo Alto. Parce qu'on pressent bien que si on est capable de faire son propre malheur on devrait bien pouvoir faire notre bonheur.
Le pitch :
En agissant de façon absurde on construit et consolide son propre malheur. Pour rendre le propos très clair et drôle, c'est le contrepied de ce qui est à faire pour être heureux qui est pris. On réalise quels comportement nous rendent malheureux, et surtout leur absurdité et cruelle efficacité. Difficile de ne pas se reconnaître, et le message en est plus facile à digérer.
A retenir :
Jouer avec le passé permet de se rendre malheureux : le glorifier et le regretter, regarder en arrière, culpabiliser et ressasser des erreurs passées, faire porter la responsabilité de notre malheur a des forces échappant à notre maitrise, insister en procédant toujours de la même façon sans tenir compte des changements.
Empêcher la main droite de savoir ce que fait la gauche conduit à se mettre dans des situations inextricables dont on ne se sent même pas responsable, à tort.
Remarquer des éléments négatifs sur son corps ou dans le monde environnant et focaliser dessus conduit à avoir le sentiment que l'on est malade et que le monde et le destin joue contre nous. La paranoïa conduit à des attitudes suspectes qui vont matérialiser et donc justifier une attitude différente de l'entourage à notre égard, mais c'est une conséquence et non pas une cause de notre paranoïa.
Soumettre ces craintes, pensées, à l'épreuve de la réalité permet de s'alléger d'inventions de notre imagination.
Chercher des causes à notre mal être en s'embarquant dans une quête quasiment infinie dans le passé n'est pas une méthode adéquate pour aller de l'avant et être plus heureux.
Créer des difficultés ou les éviter de façon à ce qu'elles se perpétuent ne constitue pas une bonne stratégie pour être bien.
Voir des dangers partout créé une insécurité vide de sens puisque toute action du quotidien peut représenter un risque encore plus que des activités perçues par la majorité comme téméraire (avion versus voiture, sports ascensionnels versus accidents domestiques)
Voyager plein d'espoir vaut mieux que d'arriver au but, selon la sagesse japonaise
Séparer et faire la part des choses entre les déclarations sur les choses et les déclarations sur les relations "si tu m'aimais vraiment tu aimerais l'ail" (si un époux n'apprécie pas la soupe préparée par sa femme, ça ne veut pas dire qu'il ne l'apprécie pas elle)
Reprocher quelqu'un qu'on a mis devant un choix/dilemme , la décision prise quelle qu'elle soit c'est le mettre dans une situation dont il sortira perdant à tous les coups.
Exiger de quelqu'un qu'il soit plus spontané annule d'emblée la spontanéité de l'action qu'il pourra avoir en réaction.
Demander à l'autre pourquoi il nous aime n'est pas vecteur de bonnes nouvelles, autant accueillir tel quel son amour, sans supputer ses raisons
Attribuer à l'altruisme des raisons cachées ou inavouable correspond à de l'auto sabotage.
Eviter que des demandes collusives envahissent nos relations
Envisager la vie comme un jeu à somme zéro n'est pas une bonne alternative
Remettre en question sa propre conduite au lieu de la tenir pour évidente et normale dans toutes les circonstances et en particulier à l'étranger , et de juger tout autre comportement que le sien stupide ou déplacé.
Appliquer la règle de la loyauté, tolérance, confiance pour mettre un terme à notre auto génération de malheur.
Etre heureux, mais quel bien cela te fera-t-il ?
Quelle est la différence entre un Américain et un Russe ? Pour quitter une réunion mondaine qui n'est pas à son goût et se faire pardonner, l'Américain, nous dit la distinguée anthropologue, fera semblant d'avoir la migraine, le Russe, lui , devra avoir réellement mal à la tête.
Emile Coué (1857-1926), fondateur d'une école d'autosuggestion dont les adeptes étaient invités à se répéter sans relâche "chaque jour et dans chacun de leurs aspects, les choses ne cessent de s'améliorer."
La prédiction d'un évènement a pour résultat de faire arriver ce qu'elle a prédit
Il est deux tragédies dans l'existence ; l'une est de ne pas réaliser son rêve, l'autre est de le réaliser (Oscar Wilde)
Si la vengeance elle même n'est pas un plaisir, il doit êtree moins plaisant encore d'atteindre un but que l'on supposait heureux.
On sait qu'un sadique est un homme qui refuse de faire souffrir un masochiste.
Tout est bien… Tout. L'homme est malheureux parce qu'il ne sait pas qu'il est heureux. Ce n'est que cela. C'est tout, c'est tout! Quand on le découvre, on devient heureux aussitôt, à l'instant même...(Les Possédés de Dostoïevski)
Bref, la situation est désespérée, et la solution désespérément simple.
Application pratique :
Lire du Dostoïevski
Lire le Magicien sans magie de Mara Selvini
Lire Comment devenir une mère juive en 10 leçons de Dan Greenburg
Mettre un stop lorsqu'on détecte un PDR (Professionnel de la Destruction des Relations) [exemple des actions d'un PDR ci-dessous]
Demander un petit service à quelqu'un. Lui en demander un autre dès qu'il se met au travail sur le premier. Ne pouvant satisfaire les deux requêtes que successivement, il est désarmé. S'il fait mine de poursuivre la première activité pour la mener à son terme, se plaindre de ce qu'il semble ignorer la seconde requête. Et vice versa. S'il fait mine de se mettre en colère, on pourra tristement lui reprocher ses sautes d'humeur des derniers jours.Dire ou faire quelque chose que l'autre peut aussi bien interpréter comme un trait d'humour ou prendre au pied de la lettre. Selon l'attitude qu'il adopte, lui reprocher de ne pas prendre au sérieux un sujet important, ou de manquer de sens de l'humour.


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