L'INTERPRETE DES ANIMAUX de TEMPLE GRANDIN
- mademoisellesennuie
- 20 mai 2024
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 31 mai 2024
Quand une femme autiste arrive à faire de sa différence une force pour mieux comprendre les animaux jusqu'à être reconnue dans son travail de conseiller pour les éleveurs de bétail.

Pourquoi ce livre :
Parce que ce qu'en lisant l'épisode sur l'autrice Temple Grandin dans la BD "Les Culottées" de Pénélope Bagieu, on a envie d'en savoir plus et de voir le film aussi ! ( et parce que le Club de lecture compte des membres particulièrement sensible au sujet de l'autisme, qui est précisément "le truc en plus" de l'autrice.)
Le pitch :
Petite fille Temple Grandin fréquente une école pour enfants différents, elle va être en contact avec des chevaux ayant subi des traumatismes, des années plus tard elle s'intéresse au bien être animal et se rend compte qu'elle comprends les animaux mieux que la plupart des humains. Elle fait un parallèle entre sa sensibilité au monde, son mode de pensée par image et non verbal, et le mode de fonctionnement des animaux. Ses études et sa différence, l'autisme, vont lui permettre de donner des conseils aux éleveurs, fermiers pour le bien être animal et aussi l'amélioration des rendements de façon naturelle, sans jouer sur les médicaments ou croisement/élimination de gènes.
A retenir :
Avoir en tête que émotions et actions ne sont pas contrôlées par les même circuits cérébraux
Prendre en compte le fait que les animaux et les hommes apprennent non par la pratique mais par l'observation
Réaliser que la peur est contagieuse, l'apprentissage du danger se transmet d'individu à individu ( les expériences ont échouées à inculquer la peur d'une fleur à un singe, alors que peur d'un serpent semi-innée ) et non par expérience directe, immuniser un animal d'une peur est possible en faisant en sorte que sa première expérience de l'objet en question soit en présence d'un semblable n'ayant aucune appréhension face à l'objet concerné.
Comprendre que les animaux généralisent très mal, contrairement aux être humains (non autistes) qui ont tendance à hypercentraliser. C'est ainsi qu'ils forment les stéréotypes
Noter que plus un animal est craintif, plus il est curieux. A force d'explorer son environnement, il apprend plus et devient plus intelligent.
Noter que la tendance à conclure, inscrite dans le cerveau des hommes et des animaux, nous aide à apprendre. Nous apprenons parce que nous supposons que si le Fait 1 est immédiatement suivi du Fait 2, le Fait 1 a provoqué le Fait 2. Nous n'y voyons jamais de coïncidence […] Cette tendance positive a aussi un aspect négatif puisqu'elle nous incite souvent à établir des relations causales erronées, les superstitions.
Réaliser que l'hyperspécificité des animaux implique qu'ils sont sans cesse confronté à des choses qu'ils n'ont jamais vues, senties, touchées ou goutées.
Prendre en considération le fait qu'émotionnellement les enfants sont plus proches des animaux et des autistes parce que leurs lobes frontaux, siège de toutes les associations, y compris celles des sentiments, ne sont pas encore pleinement développés et ne le seront pas avant l'âge adulte
Envisager que les sentiments de honte, culpabilité ou embarras ont pour origine la même souffrance due à l'isolement.
Exploiter le fait qu'une émotion prend toujours le pas sur une l'autre, la recherche sur le cerveau montre par exemple que le jeu et la rage s'excluent mutuellement
Noter que le cerveau a trois tâches à accomplir pour permettre à son possesseur de se déplacer : se donner un but, faire des hypothèses, traiter des informations sensorielles pour vérifier ses hypothèses et s'assurer que son possesseur arrivera sain et sauf là où il veut aller.
Réaliser que la mémoire consciente est plus fragile que la mémoire inconsciente, procédurale.
Noter que les peurs inscrites via des images plutôt que des mots/concepts sont plus durables et difficiles à surmonter, or les animaux et les autistes auraient plutôt tendance à penser par images.
Considérer que la musique pourrait être un mode de communication spécial entre parents et enfants
Se poser la question : qu'avons nous besoin de savoir pour les traiter avec justice, responsabilité, gentillesse ?
Intégrer que les méthodes douces et positives peuvent empêcher les comportements liés à la peur
J'étais fascinée par l'attitude des animaux dans la trappe de contention. On aurait pu penser qu'ils s'affoleraient en sentant ces barres de fer se refermer sur eux, mais c'était exactement le contraire. Ils se calmaient. Et c'est parfaitement logique quand on y pense, puisque la pression est une sensation rassurante pour presque tout le monde.
Les personnes non autistes ont du mal à repérer les petits défauts d'impression alors que les autistes voient immédiatement les plus minuscules imperfections. Comme dans le test d'identification des formes cachées rien n'échappe à leur regard.
Toute évolution culturelle se base sur la coopération, et les hommes ont appris des chiens à coopérer avec des individus n'appartenant pas à leur famille.
[…] Tous les animaux domestiques sont moins peureux et moins anxieux que les animaux sauvages.
Les sentiments d'une personne autiste sont direct et francs. Nous ne dissimulons pas nos émotions et nous ne sommes pas ambivalents. Je suis incapable d'imaginer comment on peut éprouver de l'amour et de la haine pour la même personne.
Application pratique :
Se faire masser ou profiter de la pression de l'eau pour un apaisement une sensation de plaisir
Dessiner à partir d'un modèle retourné / à l'envers
Pour apprendre quelque chose à quelqu'un ou à un animal, l'enseigner devant lui à quelqu'un d'autre, fixer son attention sur ce qu'il aime et utiliser une méthode modèle/rival, pour que l'intermédiaire soit à la fois un modèle à imiter mais aussi un rival par rapport aux objets d'intérêt utilisés pour l'apprentissage (compétition pour des ressources rares)
Progresser en musique pour repérer les changements de ton dans le chinois mandarin



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