LE MYTHE DE LA VIRILITE de OLIVIA GAZALE
- mademoisellesennuie
- 1 mai 2025
- 5 min de lecture
Comment s'est forgé ce piège pour les deux sexes ?

Pourquoi ce livre :
Pour mieux comprendre nos amis, compagnons, pères, collègues, tous nos amis les hommes et les "injonctions" qui pèsent sur eux et les préoccupent .
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Le pitch :
De la même façon que les femmes se sentent exhortées à être douces, responsable des tâches ménagères entre autres pour être reconnues comme "féminines"; les hommes aussi sont prisonniers d'un ensemble d'attributs et de comportements considérés (surtout par eux même) comme "virils" : pilosité, taille, musculature, voix grave, violence, responsable de l'apport de ressources au foyer. Ce schéma auquel l'homme est prisonnier alors qu'il l'entretien lui même ne demande qu'à être allégé pour son bien être et le notre.
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A retenir :
Réaliser que la virilité se défini dans l'opposition aux caractéristiques décrétées féminines.
Noter que les 3 craintes du masculin depuis les origines de la civilisation sont la peur de la castration par la toute puissance féminine, la hantise de l'effémination et la terreur de l'impuissance.
Comprendre que les injonctions à être virils sont très contraignantes pour les hommes qui ne doivent pas pleurer, et doivent maitriser la physiologie de leur sexe qui comme tout organe a des comportements qui ne sont pas à sa main; et discriminatoires envers les "efféminés" considérés comme des "sous-hommes".
Se rappeler que les hommes n'ont pas tout de suite identifié le rôle qu'ils jouaient dans la grossesse d'une femme, dès lors qu'ils ont compris en observant les animaux quand ils se sont tournés vers l'élevage, ils ont nourri la peur d'élever un rejeton dont ils ne seraient pas le père.
Remettre en cause le postulat d'une nature plus robuste imputable au sexe (homme vs femme) , pendant des millénaires les protéines auraient été réservées aux hommes privant les femmes de nutriments importants, l'évolution "femme de petites tailles"/"hommes de grandes tailles" pourraient donc plutôt être une conséquence de cette habitude culturelle.
Noter que la faiblesse physique de la femme ne pourrait dans tous les cas à elle seule expliquer sa soumission étant donné que d'autres méthodes peuvent permettre de prendre le dessus.
Parce qu'un adversaire plus faible physiquement peut toujours vous surprendre par la ruse, vous attaquer par-derrière, et surtout, vous mentir, vous trahir et vous abuser.
Prendre conscience que la soumission des femmes a été possibles via des mythes et légendes forgées par les hommes dans lesquels les femmes occupent les rôles de tentatrices, d'être sans valeurs nobles, qui justifient un modèle de société patriarcal pour protéger les hommes d'une descendance "bâtarde". Ces idéologies y compris religieuses définissent comme mission divine d'une femme ; un rôle cantonné au foyer, au service de son mari et de ses enfants.
Interroger le fait que femmes sont souvent enfermées dans le trio Mère, Vierge, Prostituée, comme si la femme parfaite devait être un savant mélange de ces trois figures, ce qui est tout bonnement inatteignable.
Se rappeler que dans de nombreuses civilisations les hommes ont été élevés comme des guerriers, exhortés à endurer le froid, la souffrance physique, l'humiliation jusqu'à une certaine forme de déshumanisation. A Athènes, la relation d'un jeune adolescent avec un homme mature est un passage obligé dans l'intégration du citoyen dans la société, l'adolescent devant tenir le rôle "passif" et l'homme plus âgé celui "d'actif". Cette "pédagogie pédérastique" durait jusqu'à l'apparition des premiers poils de barbes sur les joues qui signifiaient la fin de l'enfance, période au delà de laquelle ce type de relation n'étaient plus bien vue. Une pratique similaire existait aussi chez les moines au Japon de l'époque médiévale à la fin du 19e siècle, sous le nom de "wakashudo".
Comprendre que les hommes ont fait de leur pénis un symbole de puissance. Ce symbole de fierté peut vite se transformer en complexe lorsque l'organe se grippe (comme n'importe quel organe peut défaillir ponctuellement sans gravité ou inquiétude aucune). La transformation de l'érotisme joyeux en mélancolie effrayée s'explique par ce culte de l'érection vénérée dans des rituels et tribus (Inde, Japon, Egypte). "Prouver, Dresser, Entrer, Mouiller, Fanfaronner".
Noter que l'Eglise joue un rôle dans la menace de l'impuissance et la capacité de l'homme à satisfaire la femme au travers le devoir conjugal que l'homme doit honorer "le mariage doit être consommé".
Savoir que la société, politique, religion, science s'est par le passé emparé des sujets du sujet de la masturbation et tantôt la condamne "gaspillage de semence sacrée puisque capable de donner la vie" poussant par là les hommes, inquiets à l'idée de contacter des maladies (idées véhiculées par certains médecins), vont plus volontiers se livrer à des agressions sexuelles envers les femmes y compris leurs femmes.
Réaliser que la formation guerrière a laissé la place à une virilité recherchée au travers la musculation. Les cas de coming-out sont très rares dans le milieu du sport.
Noter qu'au cours de l'histoire, plusieurs "crises de la virilité" ont eu lieu, notamment à la Renaissance qui promeut un idéal masculin moins attaché aux prouesses physiques qu'aux valeurs morales et humanistes, d'ailleurs la courtoisie et la galanterie inquiètent à l'époque étant perçues comme une perte de virilité.
Réaliser que l'évolution des armes et des métiers vont redéfinir la virilité, comme plus associé à l'adresse et aux cols blancs dans la société contemporaine.
Noter que la volonté des femmes d'être traitée avec respect n'est pas contradictoire avec une déclinaison d'une palette de rôles dans les jeux érotiques et l'intimité.
Savoir que les qualités de père ne sont pas une dérive moderne; dans des écrits antiques ou plus récents on retrouve la figure des pères puissants et doux à la fois.
Faire en sorte que le féminisme ne donne plus à certains le sentiment d'une conquête féminine est nécessairement une défaite masculine, que craindre la reconnaissance des droits des femmes c'est s'enfermer dans l'archaïque peur des femmes, que le thème de l'homme victime d'une femme toute puissante n'a pas attendu les victoires féministes pour préoccuper les hommes, qu'il s'ait d'un très ancien refrain "Femme, tu es la porte du diable…"
Noter qu'à l'origine le terme de "féminisme" désignait la "pathologie" dont souffrent les hommes peu "virils".
Eduquer les femmes , c'est leur ouvrir les portes du savoir, ce sont les femmes dans les pays où elles étaient le plus instruites qui ont été les suffragettes les plus combatives.
Aristote, on s'en souvient, justifie la servilité de la femme (et de l'esclave) en invoquant le besoin viril d'être soustrait au poids des contingences matérielles pour s'adonner à la seule contemplation des choses de l'esprit. La femme travaille au service de l'homme pour permettre à celui ci de penser.
Comprendre le malaise des hommes vis à vis d'un discours moderne des femmes sur les sujets sexuels, qui fait naitre un complexe inédit : "et si elle avait connu plus de plaisir avant moi ?". Ce doute est angoissant pour les hommes.
Où est la douce, pudique et fidèle épouse d'antan, celle qui se taisait, soignait et nourrissait, se laissait gentiment faire au lit, sans même songer à sa propre jouissance ? Que répondre à cette femme nouvelle qui reproche à l'homme son égoïsme érotique et sa méconnaissance du corps féminin ?
Soutenir les hommes pour qu'ils modifient leur image d'eux même, car c'est aussi un préalable pour qu'ils changent l'image qu'ils ont des femmes.
Application pratique :
Réguler les propos autour des exigences de virilité autant que les propos misogynes ou sexistes.
Lire "Braguettes, une histoire des mœurs et du vêtement" de Colette Gouvion et Khadiga Aglan.
Se renseigner sur les clubs féminins et société des femmes, dont le Club des citoyennes républicaines qui a été dissolu en 1793
Se documenter sur Lilith et sur la mythologie Indienne, et le wakashudo.



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