LES GRANDES OUBLIEES de TITIOU LECOQ
- mademoisellesennuie
- 16 sept. 2022
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 15 avr. 2023
Si l'histoire de France a effacé les femmes; une poignée d'irréductibles autrices résiste encore et toujours pour nous transmettre un récit des actions, combats, et réussites de ces femmes qui ont fait l'histoire (en dépit de la marquer^^, mais qu'à cela ne tienne, les historiennes avec la complicité des archéologues et des scientifiques n'ont pas dit leur dernier mot). Titiou LECOQ en fait partie, elle nous raconte…

Pourquoi ce livre :
Sur la proposition d'une amie au démarrage du Club de Lecture, ce livre avait été retenu dans la liste des titres à proposer.
Rappel du cadre du club : l'idée c'est de choisir des lectures qui vont nous permettre d'en savoir plus sur :
les femmes dans l'histoire,
des femmes au parcours d'exception,
les femmes au travers le monde
la condition des femmes dans la société,
& en bonus mettre à l'honneur des auteures.Parce que connaitre l'histoire des femmes permet de :
- satisfaire une curiosité sur un sujet méconnu
- s'identifier, avoir des "rôles-modèles"
- couper court à certains à priori
- contrecarrer des discours à tendance "patriarcal" sur la base d'éléments factuels
- éviter de reproduire certaines erreurs
- raconter et transmettre cette histoire pour qu'elle se grave dans la mémoire collective
Le pitch :
Avez vous déjà entendu parler de femmes de Cro-Magnon ? Pouvez vous citer une reine du Moyen-Age ? Savez vous quel rôle les femmes ont joué lors de la Révolution ? Votre mémoire ou votre manque d'attention à l'école ne sont pas forcément fautifs, ces sujets sont passés sous silence dans le programme enseigné au XXe siècle, absent des manuels scolaires. "Les grandes oubliées" ce sont toutes ces femmes invisibilisés dans la société par moment et dans l'histoire telle qu'elle est comptée en général. Connaitre et comprendre les mécanismes qui ont enfermé les femmes dans un rôle trop étriqué; et les parades et actions des femmes pour se sortir de ces carcans; c'est un premier pas pour appréhender la société actuelle et la transformer. Gare à vos œillères, elles ne pourront ressortir indemnes de ce voyage dans le passé !
A retenir :
Rester vigilantes pour préserver nos droits : L'acquisition des droits des femmes ne s'est pas faite de façon linéaire dans l'histoire, les femmes ont successivement, acquis et perdus des droits
Encourager et appliquer l'écriture inclusive : contrairement à certaines idées reçues ce n'est pas une nouvelle invention féministe pour combler un déficit historique. Au moyen âge les professions féminines avaient une réalité et un vocable propre, il était formé à partir du radical décliné au féminin ; ainsi il y avait des acteurs et des actrices, des auteurs et des autrices, des peintre et des peintresses, des docteur et des doctoresses.
Se réconcilier avec la notion de quotas : ce système avait été mis en place sous l'Ancien Régime par l'Académie Royale de peinture et de sculpture pour réserver un nombre minimum de places pour les hommes menacés par l'arrivée de femmes talentueuses
Ne pas accepter passivement les choses
"Déçues que la Nouvelle République (…) ne leur donne pas le droit de vote, elles appellent leurs lectrices à aller dans les bureaux pour tenter de voter et de se faire notifier le refus de prendre en compte leur voix. Il ne faut pas accepter passivement les choses"
"Et elles ne s'arrêtent pas là : elles décident de présenter une femme à une élection"
Monter en connaissance sur le plan juridique : c'est en écartant les femmes des fonctions juridique que les hommes ont pu les écarter juridiquement du pouvoir. C'est parce qu'elle a découvert que rien ne l'interdisait juridiquement que Julie Victoire-Doubié passa le baccalauréat et fut la 1ère française à l'obtenir le 17 août 1861 à 37 ans. (en ouvrant la voix à toutes les autres)
Prendre conscience que les femmes travaillent pour moins cher pour des raisons de contexte dans lequel le travail des femmes s'est redéveloppé au XVIIIe siècle (guerre et après guerre) et que le salaire féminin oblige les femmes à dépendre d'un homme.
Ne pas accepter la théorie contemporaine selon laquelle l'homme serait en proie à des pulsions qui justifierait certaines attitudes répréhensibles : au moyen âge les femmes étaient considérées comme en proie à de fortes pulsions sexuelles alors que les hommes été reconnus comme ceux ayant une certaine maitrise, un contrôle vis à vis de cela.
Revendiquer ses réalisations professionnelles, artistiques ou autre : la dévalorisation et l'invisibilisation du travail des femmes est passée par la délégitimation (même des philosophe au siècle des lumières ont attribué à des hommes les pièces de théâtre écrites par des femmes)
S'instruire et diffuser les connaissances au travers des clubs de femmes, favoriser la sororité : il s'agit de perpétuer une activité existante depuis le moyen-âge (Béguinage) mis à mal à plusieurs reprises et à nouveau à la Révolution avec l'interdiction des clubs de femmes.
Monter en compétence par le biais des domaines "réservés aux femmes" ou socialement mieux acceptés (association à but non lucratif, gala de charité…) ; pour apprendre à s'organiser et mettre aussi ces compétences au service de la défense et de la conquête de nos droits.
Ne pas se laisser enfermer dans l'image de la femme plus faible, plus fragile, moins compétente : la femme préhistorique chassait, elle peignait aussi à priori - rien ne la prédestine la femme moderne à entre enfermée à la maison ou cantonnée à certaines tâches
Réaliser que la mode a été à la fois un moyen d'enfermer puis de libérer les femmes. Les robes à corset et crinoline (jupons tendus sur des cerceaux) censées souligner les formes spécifiques à la gent féminines en les exagérant à l'extrême enfermait les femmes et restreignait leurs mouvements et déplacements. L'apparition des grands magasins ont offert aux femmes une place dans l'espace public réservé alors aux hommes et un échappatoire à l'isolement du foyer familial.
Application pratique :
Lire "Femme, race et classe" d'Angela Davis
Approfondir par la lecture de "Ne nous libérez pas, on s'en charge" pour retenir des bribes de l'histoire des femmes de 1789 à nos jours
Œuvrer pour l'édition de livres au format papier (et à leur promotion) tels que "A l'aube du féminisme, les premières femmes journalistes" - actuellement disponible qu'en réédition numérique
Réfléchir et décider ou non de prendre le nom de son époux, et d'attribuer le nom du père aux enfants : ce principe n'a rien de naturel ou d'anodin ; c'est le premier signe d'une société patriarcale



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