NE VOUS RESIGNEZ JAMAIS de GISELE HALIMI
- mademoisellesennuie
- 9 déc. 2024
- 3 min de lecture
Comment devient on féministe ?

Pourquoi ce livre :
Parce que c'est un cadeau, parce que Gisèle a mené des combats puissants en tant qu'avocate que je voulais découvrir.
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Le pitch :
Gisèle Halimi a défendu lors du procès de Bobigny une femme violée accusée d'avoir avorté et a contribué à l'aboutissement d'une loi pour la dépénalisation de l'avortement. Un autre procès où elle défend deux femmes violées sera l'occasion pour elle de mener un combat qui conduira a la reconnaissance du viol comme un crime et à la sensibilisation du public et surtout au changement des mentalités. Elle a subit des agressions et reçu des menaces de mort pour la dissuader de poursuivre ces actions féministes mais rien de l'arrêtera. Entre le manifeste des 343 et le mouvement 'Choisir la Cause des Femmes" son engagement politique, social, professionnel rappelle que des personnes se sont battues pour obtenir des avancées significatives, et les résultats dont elle est fortement contributrice sont un très bel appel à l'action.
A retenir :
Devenir féministe c'est voir, lire, vivre, agir.
Agir sur l'éducation en faisant en sorte que filles et garçon aient le même sens du service et de l'autonomie (Gisèle enfant a fait la grève de la faim pour ne plus avoir à "servir" ses frères).
Réunir un groupe de volontaires pour faire des recherches sur les droits et loi européens les mieux disant pour les femmes pour profiter du système européens pour niveler les droits des françaises vers le haut constitue un projet inspirant
Questionner les discours et croyances convenues sur la maternité (un piège ?), le désir d'enfant (obsessionnel ?, une histoire de curiosité ?), les délicats sujets de la prostitution pour bien comprendre les revendications.
Réaliser que les avancées féministes sont récentes et fragiles (dates de la reconnaissance du viol comme un crime, de la légalisation de l'avortement)
Mener des combats féministes et en appliquer les préceptes dans sa vie personnelles n'est pas si évident, selon l'autrice, le cas de Simone de Beauvoir en est exemplaire.
Faire de son indépendance financière une priorité donne une chance de fuir un foyer où le mari est violent ou d'aller de l'avant lorsque le couple ne fonctionne plus. (avoir des collègues pour se faire héberger, avoir les moyens de louer un logement rends moins vulnérable à des situations de domination.)
Faire preuve de curiosité pour prendre des risques et refuser de succomber à la peur des menaces et tentatives d'intimidation.
Se résigner n'est pas une bonne idée : il s'agit d'agir de trouver des solutions, via l'indépendance financière, via la politique, le droit, via l'action commune de femmes et d'hommes.
Pour sauver l’honneur – le sien – ma mère expliqua à nos proches que je n’étais pas comme les autres, que mon enfance avait été fertile en maladies, en bizarreries… Bref, qu’il était inutile d’espérer un compromis de raison. Problème réglé, Gisèle ne servirait plus ses frères. « Ni à table, ni dans la chambre, ni jamais ! » avais-je exigé en élevant la voix. L’accord conclu, et un premier potage avalé, je me jetai sur les makrouds – semoule frite farcie de dattes et enrobée de miel – spécialement confectionnés par ma grand-mère pour briser ma grève.
Mais que l'on ne s'y trompe pas. C'est parce que ma souffrance de fille m'asphyxiait que je devins, instinctivement d'abord, féministe.
Le refus de se résigner peut stopper la machine grinçante du malheur et la lancer sur d'autres rails.
Je dis aux femmes trois choses : votre indépendance économique est la clé de votre libération. Ne laissez rien passer dans les gestes, le langage, les situations, qui attentent à votre dignité. Ne vous résignez jamais !
[…] La presse crie à la menace de censure, les annonceurs, craignant d'être limités dans leurs images publicitaires quasi pornographiques (enchaînées demi nues, à quatre pattes devant un lave-vaisselle, ou traditionnelles et heureuses, devant un tas de couches culottes), mènent un combat sans merci. […]
Sanctionner le racisme, le négationnisme, n'a pas semblé attentatoire à la liberté d'expression. Sanctionner le rejet, le mépris, l'instrumentalisation, la commercialisation de la femme, oui. On peut le comprendre. Pour continuer de dominer les femmes, le patriarcat a besoin de la perpétuation de schémas infériorisants et d'images dégradantes. Et puis business is business, même s'il se pare du masque des libertés.
Application pratique :
Lire d'autres ouvrages de Gisèle Halimi en particulier se documenter sur les droits des femmes les mieux disant en Europe et comment ils ont émergés.
Passer à l'action : rejoindre une association, former un collectif, se documenter et publier des articles/essais.



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