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RACINES de LOU LUBIE

Et si notre perception du professionnalisme, du sérieux et de la capacité à "bien présenter" ou à "prendre soin de soi" variait en fonction de la nature de cheveux de nos interlocuteurs ? et si ce biais était encore plus fort vis à vis des femmes ? Si le stéréotype d'une personne soignée était incompatible avec des cheveux de métisse non lissés ?



Pourquoi ce livre :

Parce que l'autrice est réunionnaise et le sujet qu'elle traite, à savoir les cheveux crépus, n'est pas un sujet aussi superficiel qu'il pourrait paraitre, en particulier à la Réunion où de nombreuses femmes sont concernées.

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Le pitch :

Souvent perçus comme "pas possible à exhiber en public au naturel", ces cheveux sont l'héritage culturel d'une population vivant dans les zones chaudes. Sa texture fine et aérée était adaptée pour protéger le crane des des UV du soleil. L'habitude de les dompter héritée d'une volonté de ressembler au maitres ou colons blancs aux cheveux raides maintien un type de cheveux voire de race en modèle supérieur au détriment du type africain ou métissé. La perpétuation de ces coutumes de coiffes de cheveux "à l'européenne" selon les normes en vigueur à l'ère coloniale, ancre des codes qui n'ont plus lieu d'être. A force de voir les grands parents, parents, la société réagir d'une certaine façon vis à vis d'un type de cheveux, associé au sexe féminin en particulier, les enfants impriment ces idées reçues et comportements et les perpétuent.

A retenir :

  • Noter qu'avant l'esclavage, la chevelure frisée ou crépue était une fierté. La pratique consistant à les couper chez les hommes instauré par les maitres servait des raisons pratiques mais aussi une forme d'humiliation. Quant aux femmes elles ont été obligées par les LOIS TIGNON à couvrir leurs cheveux (avec un foulard appelé Tignon). Les femmes créoles s'approprient ce "rappel de leur statut inférieur" et en font un accessoire de beauté qui sera petit à petit adopté par les femmes d'ascendance européenne.

  • Se rappeler que pendant l'APARTHEID (1948-1991) en Afrique du Sud, on déterminait par le "test du crayon" si une personne était "NOIR" ou "METIS"; on plaçait un crayon dans les cheveux et déterminait s'il tenait debout "tu es noir", s'il tombe "tu es métis"(et tu as des privilèges que les noirs n'ont pas).

  • Dépendre de sa mère pour dompter des cheveux difficiles à coiffer seule, crée et maintien une forme d'emprise du parent sur l'enfant.

"En quatrième je ne savais toujours pas me coiffer toute seule"
  • Former les professionnels du cheveux à soigner et coiffer tous les types de cheveux permettrait de traiter de façon adéquate les cheveux "africains" qui contrairement aux idées reçues sont plus fins et fragiles que les cheveux asiatique ou européen. Le fait que le standard soit le mode opératoire adapté aux seuls cheveux européens est problématique car il discrimine toutes les personnes ayant hérité ce type de cheveux.

  • Réaliser que le "lissage", le "tissage" ou le "tressage" des cheveux crépus ou frisés représente un investissement important en terme de temps et de couts. 3h environ de travail a réitérer lors de la repousse des racines.

  • Relever le fait que les produits de soin pour cheveux vendus aux femmes sont plus couteux à ceux adresser aux hommes, une pratique marketing qui profite du fait que les biais vis à vis de la chevelure féminine sont plus marqués.

  • Réinterroger les raccourcis communs autour de la perception d'un type de chevelure comme "normale" ou pas pour une origine "raciale" donnée.

"Je tranchais comme une erreur au sein de cette communauté noire"
  • Réaliser que des discriminations basée sur la chevelure frisée ou blanche sont encore d'actualité en particulier chez les femmes mais aussi chez les hommes : Aboubakar Traoré steward chez Air France est interdit d'exercer avec ses cheveux tressés en 2005, Sibeth Ndiaye porte parole du gouvernement français en 2019-2020 est régulièrement attaquée sur sa coiffure.

  • Comprendre que notre propre perception de nos cheveux est déformée par notre éducation et les us et coutume de la société, et que le mouvement NAPPY (Natural + Happy) qui consiste à se montrer avec ses cheveux au naturel est un vrai geste politique, une résistance au racisme, et au sexisme via la reconquête de notre identité, la réhabilitation des cheveux frisés ou blancs et de notre place dans l'espace public.

  • Interroger le fait que 95% des femmes afro-américaines se sont chimiquement défrisé les cheveux au mois une fois en 25 ans (1995-2020) , et un adulte noir (homme et femme) sur trois, n'a jamais porté ses cheveux naturels une seule fois dans l'année 2016.

La sociologue Juliette Sméralda explique que "le cheveux défrisé occupe l'espace qui aurait dû être occupé par le cheveu crépu, (...) reléguant le naturel au rang de marginal."
"Cette configuration est unique" : aucun autre type de cheveu - européens ou asiatique - n'est ainsi systématiquement dénaturé.

Application pratique :

  • Adopter une routine cheveux adaptée à la porosité de mes cheveux et comprendre les aspect scientifiques de la meilleure façon de les traiter. (température, huiles, plantes)

  • User d'esprit critique avant d'adopter des produits ou accepter des soins conçus pour des cheveux "lisses" érigés en standard (type peigne, soin, coupe sur cheveux secs vs mouillés) ou marketés "pour femme" sans plus value particulière.

  • Réviser ma posture si tentée de catégoriser un type de cheveux ou coiffure, d'y apposer une appréciation vis à vis de critères d'élégance, ou de conformité à des normes imposées.

  • Me documenter sur les coiffures et leurs significations ainsi que leurs évolutions (Egypte, différents statuts sociaux, appartenance à une ethnie, modes…)

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